Réserve Communautaire du Lac Télé

Elle est la toute première Réserve communautaire créée dans la sous-région. Sa création fait suite à l’identification de ce site en 1989 par l’UICN, parmi les sites critiques à protégées au Congo. La superficie proposée par l’UICN était de 1.050.000 hectares, couvrant les régions de la Likouala, de la Sangha et de la Cuvette.

C’est à la faveur du financement du Fonds pour l’Environnement Mondial dont le Congo a bénéficié dans le cadre du Projet de Gestion et de Conservation des Aires Protégées (PROGECAP/GEF-CONGO), que ce site du Lac Télé/Likouala-aux-herbes a été retenu parmi les sites prioritaires à classer. Parmi les objectifs de ce projet dénommé Lac Télé/Likouala-aux-herbes et dont l’UICN en fut l’attributaire, figurait entre autres, l’inscription du Congo à la Convention des zones humides d’importance internationale ou Convention de ramsar, avec l’inscription du site du Lac Télé/Likouala-aux-herbes sur la Liste mondiale des sites ramsar.

Ce projet a été exécuté avec succès de 1995 à 1999 a abouti à permis au Congo de devenir membre de la Convention ramsar, avec inscription du site du Lac Télé/Likouala-aux-herbes comme premier site ramsar du Congo. Les études de bases qui ont réalisées ont permis de lancer la procédure de classement qui a abouti à la création par décret n° 2001-220 du 10 mai 2001 de la Réserve communautaire du Lac Télé, pour une superficie de 438.960 hectares. La Réserve est entièrement située dans le Département de la Likouala, à cheval sur les districts d’Epéna et de Bouanela. Sa création a permis d’inclure dans le réseau national des aires protégées, l’échantillon manquant des écosystèmes aquatiques notamment les forêts inondées et inondables, les plaines d’inondation qui s’étendent tout le long de la rivière Likouala-aux-herbes. La réduction de cette superficie d’origine  a été justifiée par la difficulté réelle de gérer une aire protégée devant faire intervenir des autorités administratives de trois Départements (Sangha, Cuvette et Likouala) et six districts (Epéna, Dongou, Bouanela, Loukoléla, Pikounda et Mokéko).

Le Parc compte deux Base-vie dont une principale à Epéna et une secondaire à Bouanela. Depuis 1999, la Réserve bénéficie de l’Assistance Technique de Wildlife Conservation Society (WCS). Elle est dirigée par un Conservateur qui est assisté par un Conseiller Technique WCS. Le Conservateur est suppléé par deux Conservateurs Adjoints dont un basé à Bouanela, des chefs de volets et des Chefs de patrouille.

 

Le processus d’élaboration du Plan d’aménagement est en cours. La Réserve forme avec la Réserve du Lac Tumba en RDC, une Binationale dénommée Lac Télé-Lac Tumba créée par un Accord de coopération signé entre les Gouvernements des deux pays le 5 août 2010 à Brazzaville. L’un des objectifs de cet accord est d’impliquer les communautés locales et de renforcer leurs capacités pour la gestion participatives des ressources. Il est aussi question dans cet accord de sensibiliser les communautés nationales et internationales sur l’importance de la biodiversité du complexe transfrontalier concerné, biodiversité unique en son genre, notamment en espèces de grands  singes telles que le bonobo, le chimpanzé, le gorille.

L’enjeu majeur actuel de ce complexe transfrontalier est la reconnaissance par la communauté scientifique internationale, de l’existence d’une vaste tourbière qui parvient à séquestrer une importante quantité de carbone évaluée de nos jours à trente mille (30.000) tonnes.

 

 

La Réserve regorge une diversité importante de grands mammifères notamment les éléphants, les Grands singes, les buffles et Sitatunga.

Au plan de la faune aviaire, c’est la plus riche de toutes les aires protégées du Congo. C’est sur ce site que furent lancé pour la première fois, les comptages d’oiseau d’eau en mars 1997 le long de la rivière Likouala-aux herbes et la bailly, l’un de ses principaux affluents. Depuis cette période, ces dénombrements sont régulièrement organisés dans le cadre des « Dénombrement Internationaux d’Oiseaux d’Eau en Afrique » (DIOEA), coordonnés par Wetlands International. On y dénombre sur ce site plusieurs nichoirs de hérons, Anhingas et Cormorans africains.